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Les sorcières de Salem : Sarah, Sarah, Tituba.

  • Photo du rédacteur: Bérengère lecoq
    Bérengère lecoq
  • 21 janv.
  • 2 min de lecture

Trois prénoms.

Trois femmes.

Trois vies ordinaires devenues symboles d’une peur collective.


En 1692, dans le village de Salem, leurs noms sont prononcés devant un tribunal.

Ce jour-là, l’histoire ne retient pas des sorcières.

Elle retient des femmes accusées à tort.


Sarah Good était pauvre. Très pauvre.

Veuve, sans maison, souvent enceinte, elle mendiait avec son enfant.

Elle parlait seule parfois. Elle se plaignait. Elle répondait mal quand on la rejetait.


Pas parce qu’elle était dangereuse.

Mais parce qu’elle était épuisée.


Dans une société puritaine obsédée par l’ordre et la morale,

une femme pauvre, errante, enceinte et sans filtre était déjà une menace.


Sa personnalité dérangeait :

elle ne cherchait pas à plaire,

elle ne se taisait pas,

elle ne rentrait dans aucune case.


Sarah Osborne venait d’un milieu plus aisé.

Son crime n’était pas la pauvreté, mais la liberté.


Elle s’était remariée avec un homme plus jeune,

avait cessé d’aller régulièrement à l’église

et refusait les normes sociales de sa communauté.


Elle ne se justifiait pas.

Elle ne demandait pas pardon.


Sa personnalité était perçue comme indépendante, distante, insoumise.

Dans un monde où l’obéissance féminine était une règle,

son autonomie était insupportable.


Tituba était esclave.

Probablement originaire des Caraïbes.


Elle racontait des histoires, parlait de rêves, d’esprits, d’invisible.

Ce qui ailleurs aurait été appelé culture ou transmission orale

est devenu à Salem une preuve de sorcellerie.


Expressive, intuitive, différente,

elle portait tout ce que la communauté projetait sur l’Autre.


Sous la pression et la peur,

elle a fini par avouer ce que l’on attendait d’elle.

Non par croyance.

Mais pour survivre.


Le tribunal de Salem n’était pas un lieu de justice.

C’était un lieu de peur collective.


On n’y demandait pas des preuves concrètes.

On y acceptait des visions, des rêves, des accusations d’enfants.

On appelait cela des preuves spectrales.


Ce n’est pas ce qu’elles faisaient qui était jugé.

C’était ce qu’elles représentaient.


Elles n’étaient pas des sorcières.

Elles étaient trop pauvres,

trop libres,

trop différentes.


Quand une société ne supporte plus ses propres peurs,

elle cherche des femmes à accuser.

 
 
 

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