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Il existe une magie ✨ ancienne qui n’a jamais quitté le corps des femmes.

Photo du rédacteur: Bérengère lecoq
Bérengère lecoq
23 janv.
2 min de lecture

En me plongeant dans l’histoire de Hildegarde de Bingen, née en 1098 à Bermersheim, dans l’actuelle Allemagne, je me suis dit que certaines femmes traversent les siècles sans jamais vraiment appartenir à leur époque.


Dès l’enfance, Hildegarde perçoit des visions : des lumières, des formes, des images intérieures très précises.

Mais elle se tait. Longtemps.

À 8 ans, elle est confiée à l’Église et placée sous la garde de Jutta de Sponheim, dans une vie de réclusion, de silence et de prière. Ce n’est pas un appel intérieur, c’est une décision familiale.


Pendant près de quarante ans, elle garde pour elle ce qu’elle voit et ressent.

Elle vit avec l’invisible, sans le nommer.


Vers 1141, alors qu’elle a 42 ans, son corps s’effondre. Elle tombe gravement malade.

Elle décrit cet état comme une résistance intérieure, une tension profonde entre ce qu’elle est et ce qu’elle retient encore.


Puis une injonction claire, intérieure :

« Écris ce que tu vois. »

Lorsqu’elle accepte, la maladie disparaît.


À partir de là, tout change.

Elle écrit ses visions, compose des chants, soigne par les plantes et l’alimentation, développe une médecine naturelle étonnamment moderne.

Elle fonde son propre monastère à Rupertsberg, près de Bingen, et en devient abbesse.


On commence à l’écouter.

Elle correspond avec des papes, des évêques, des empereurs.

Mais plus sa voix porte, plus elle dérange.


En 1178, un conflit précis éclate.

Un homme excommunié est enterré dans le cimetière de son monastère.

Son nom ne nous est pas parvenu.


Mais plusieurs éléments laissent penser qu’il s’agissait probablement d’un noble :

l’excommunication était alors une sanction rare, réservée à des hommes de poids politique ou social, et l’affaire provoque une réaction immédiate de l’archevêché de Mayence, l’un des plus puissants du Saint-Empire romain germanique.


Hildegarde affirme que cet homme s’est repenti avant de mourir, qu’il s’est réconcilié avec Dieu, et qu’il a droit à une sépulture chrétienne.

Les autorités de Mayence exigent l’exhumation du corps.


Elle refuse.


Elle va même jusqu’à faire disparaître toute trace permettant d’identifier la tombe, afin d’empêcher la profanation.


La sanction tombe aussitôt :

le monastère de Rupertsberg est placé sous interdit ecclésiastique.

Plus de chant. Plus de musique liturgique.

Un silence imposé à une femme pour qui le chant était un lien direct au sacré.


Hildegarde ne cède pas.

Elle écrit de longues lettres, fermes et argumentées, aux autorités de Mayence.

Elle ne supplie pas.

Elle tient sa position.


Peu avant sa mort, l’interdit est levé.

Comme une reconnaissance tardive qu’elle n’était pas dans l’erreur.


Hildegarde de Bingen meurt le 17 septembre 1179, à environ 81 ans.


On ne connaît pas le nom de l’homme pour lequel elle a tenu tête à l’archevêché de Mayence.

Mais elle… on se souvient encore d’elle.


Hildegarde n’était pas une fée de conte.

Mais une femme reliée à la nature, à l’invisible, à une vérité intérieure plus forte que les règles.


🌿 Il existe une magie des femmes.

Ancienne,indomptable.

Et parfois, elle change l’histoire.


👉 Et toi, est-ce que tu as déjà senti en toi cette magie ✨cette vérité intérieure qui ne demande aucune autorisation pour exister ?


 
 
 

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